Ronald Pognon prend un coup de vieux
Pour Ronald Pognon, 6''62, c'est « un vieux temps ». Le favori du 60 mètres des championnats d'Europe en salle d'athlétisme, à Madrid, détenteur du record d'Europe en 6''45 depuis le mois dernier, a mis en marche la machine à remonter le temps pour se contenter de la 3e place, derrière les Britanniques Jason Gardener, tenant du titre à nouveau victorieux (6''55), et Mark Lewis-Francis (2e en 6''59). Le bronze, dans ces conditions, ce n'est même pas mieux que rien, c'est « un petit échec », a-t-il déclaré, dans un confus commentaire d'après-course, évoquant « la pression » pour expliquer sa contre-performance à Madrid. Cette nouvelle ennemie intime, qu'il devra apprendre à maîtriser dans les grands rendez-vous, lui a déjà valu une amère 3e place (en 6''56 cette fois), lors de la réunion de Liévin le 26 février. Le 60 m, ce n'est de toute façon « pas sa tasse de thé », assure le sprinter, jurant que le 200 m est à sa main. On verra à Helsinki, cet été, pour les championnats du monde.
Dans le clan français, Hind Dehiba, vingt-cinq
ans, a été à la hauteur des promesses placées en elle, avec sa 3e place du 1 500 m dames (remporté par la
Roumaine Elena Iagar) en 4'7''20. Une place chèrement disputée, puisque l'équipe britannique avait posé une réclamation contre Dehiba, la Britannique Helen Clitheroe, quatrième, se plaignait du comportement de la Française. Réclamation rejetée par l'EAA (Fédération européenne d'athlétisme). « Je ne l'ai pas touchée, si elle était si forte elle n'avait qu'à passer », a commenté Dehiba, officiellement donc médaillée de bronze.
La grosse déception est venue de l'élimination surprise en qualification du saut en longueur de Salim Sdiri, détenteur du record de France en salle et de la meilleure performance mondiale de l'année en salle.
Jean Galfione avait perdu samedi tout espoir de podium, avec une troisième tentative ratée à 5,75 m en finale. Le champion olympique d'Atlanta en 1996, trente-trois ans, cravachant pour revenir au meilleur niveau, avait fait l'impasse à 5,70 m, une hauteur qu'il pensait à sa portée après l'avoir franchie vendredi, égalant sa meilleure performance de la saison en février, à Karlsruhe. Enfin Christine Arron, blessée en séries du 60 m, vendredi, la seule épreuve où elle s'était inscrite, devait regagner Paris dans la foulée, plutôt que rester avec la délégation française.